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Secteur d'intervention

Sud-Ouest et à distance

Le cas des comportements résiduels

Le comportement résiduel est un mouvement que le cheval exécute en cas de stress ou d’incompréhension. En gros, c’est le 1er truc qui lui vient à l’esprit dans telle situation.
Il pense qu’avec cette réponse, il obtiendra du réconfort : de l’attention, une friandise, à manger, du repos, du confort …

Les comportements les plus courants sont la jambette, le grattage, un mouvement de tête, mais aussi des mouvements beaucoup plus dangereux comme un cabré, un coup, une morsure, la fuite …

Souvent c’est un mouvement que le cheval a appris à faire :

  • soit par imitation avec ses congénères soit tout seul et il en a tiré du positif : éloignement de ce qui fait peur, découverte de quelque chose à manger, respect d’un individu
  • soit à nos dépends (on ne s’est pas rendu compte que l’on renforçait/ancrait cet acte, il y a eu un problème de communication l’un dit non mais l’autre comprend qu’il y a une interaction et donc pense que c’est ok)
  • soit c’était l’exercice d’une précédente séance (c’est plus simple pour le cheval de proposer quelque chose qu’il connait)

Comment se défaire d’un comportement résiduel ?

Cela dépend de plusieurs facteurs :

  • comment ce comportement a-t-il été appris ?
  • depuis combien de temps est-il ancré ?
  • est-il renforcé régulièrement ?
  • êtes-vous prêt à jouer à un jeu de patience et de persévérance avec des règles très strictes ?

Les principales règles de ce jeu sont :

  1. Travailler dans un lieu clos où le cheval se sent bien, où il peut rester seul en toute sécurité, avec accès à du foin pour qu’il puisse redescendre en pression le cas échéant et se changer les idées lors des pauses.
  2. Etre soit même ancré, centré et très clair dans notre demande,
  3. Commencer par un exercice facile, que le cheval connait bien.
  4. Ignorer complètement le comportement, c’est à dire pas de ‘NON’, pas de geste, pas d’expression, juste on continue ce que l’on faisait et on récompense la moindre ébauche de bonne réponse.
  5. Si cela ne suffit pas, on tourne le dos au cheval et on s’en va jusqu’à ce qu’il fasse autre chose (manger, retourner voir ses congénères, se détendre …)

En fonction de l’ancrage de ce mouvement, il faudra plus ou moins de séances pour s’en défaire. Le mieux étant d’agir dès l’apparition du comportement résiduel pour ne pas qu’il s’installe.

Une petite illustration ?

Exemple de comportement résiduel

Par exemple dans cette vidéo, Loulou nous propose un mélange de jambette/grattage en comportement résiduel alors que l’exercice attendu est de poser le pied sur le tapis (ce qu’il sait également très bien faire !)

Alors pourquoi, aujourd’hui, fait-il le choix du grattage plutôt que du poser ?

Il y a plusieurs raisons :

  • le cheval connait depuis toujours le grattage puisque c’est un comportement pour obtenir de la nourriture : par exemple quand il y a de la neige, les chevaux grattent pour atteindre l’herbe, il s font également sur la terre ou le sable pour atteindre des racines.
  • il a également remarqué que lorsqu’il fait ça, il obtient de l’attention de la part des humains (un mot, une action, une expression faciale …)
  • le grattage est également un des signes de la montée en tension : frustration, empressement, agacement,… et donc un stress est entrain de s’installer

Aujourd’hui il y avait beaucoup de taons … nous avons donc écourté la séance/changer d’exercice pour ne pas ancrer davantage ce comportement.
Nous reprendrons la prochaine fois dans le calme et la sérénité.

Racontez-nous vos expériences, quels sont les comportements résiduels principaux de votre cheval ?


Avez-vous des éléments à ajouter à cet article ?
En fonction de vos retours, je le mettrai à jour 😉

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